Isaac Newton
Biographie : Le prince des philosophes naturels
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Naissance : 25 décembre 1642 (selon le calendrier julien, 4 janvier 1643 en calendrier grégorien), à Woolsthorpe, en Angleterre.
Origines : Famille modeste de petits propriétaires terriens. Orphelin de père avant sa naissance, élevé par sa mère et sa grand-mère.
Éducation : Étudie au Trinity College de Cambridge (1661), influencé par Descartes, Kepler, Galilée.
Carrière :
Professeur de mathématiques à Cambridge (1669).
Membre de la Royal Society (1672).
Directeur de la Monnaie (1696).
Anobli par la reine Anne en 1705 → Sir Isaac Newton.
Mort : 20 mars 1727 à Londres. Inhumé solennellement à l’abbaye de Westminster.
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Le corps, la volonté et la création divine
Le corps : mystère et prudence
Après avoir critiqué la conception cartésienne de l’extension dans De Gravitatione, Newton aborde la question de la nature du corps. Conscient de s’aventurer sur un terrain spéculatif, il refuse de trancher catégoriquement sur l’origine ou l’essence du corps, mais admet l’existence d’un être « semblable en tout point aux corps » dont la création, bien qu’énigmatique, relève sans conteste du pouvoir de Dieu. Pour mieux comprendre la création divine, Newton observe que chaque être humain a conscience de pouvoir mouvoir son propre corps, ce qui montre que la volonté peut exercer une force réelle sur la matière. Dès lors, Dieu, possédant une volonté infinie et parfaite, devait être capable de mouvoir la matière de façon immédiate, pure, et sans limite, selon « le simple acte de penser et de vouloir ».
Le corps, image spéculative de l’âme
Newton propose ici un modèle expérimental de l’imaginaire, dans lequel Dieu pourrait créer des corps qui, bien qu’ayant une apparence solide et visible, n’étaient en réalité que des espaces déterminés par sa volonté. Ces corps pourraient être impénétrables, visibles et pourtant vides : leur réalité physique serait alors une conséquence directe d’une décision divine. Il va jusqu’à écrire que Dieu « peut enduire d’espace vide certaines propriétés sensibles », leur donnant ainsi la capacité de résister, d’être perçues, ou même de provoquer des réactions en nous. Cette hypothèse permet à Newton de se passer du concept scolastique de matière première, considérant au contraire que la matière peut naître d’un acte de volonté divin.
La volonté humaine, miroir affaibli de la volonté divine
Puisque Dieu a créé les hommes à son image, il est logique, selon Newton, que les humains possèdent eux aussi une volonté libre et créatrice, bien que limitée. Il écrit : « Dieu a simulé dans l’homme des actes de création, comme le libre arbitre, le mouvement de soi-même, et la pensée autonome ». Il en déduit que l’homme peut également créer des représentations, se mouvoir, et même transformer certaines parties du monde matériel par son esprit.
Le contexte intellectuel de Newton : critique de Descartes et des traditions scolastiques
Newton s’inscrit d’emblée dans un climat de réaction au cartésianisme, très présent dans les milieux universitaires de son temps. Il engage une réflexion critique sur les idées métaphysiques de Descartes, qu’il juge appuyées sur de fausses bases : « sa métaphysique n’était qu’une tapisserie d’hypothèses ». Même s’il reconnaît à Descartes une certaine grandeur d’esprit, Newton refuse ses thèses essentielles, notamment l’identification du corps à l’extension. Dans ses premiers écrits, Newton se confronte à des questions dites « philosophiques » portant sur la nature de l’esprit, l’espace, le vide, le temps, Dieu, et l’infini. Ces réflexions constituent le socle de son premier programme de recherche scientifique. Il interroge, entre autres, si l’âme humaine peut saisir quelque chose de l’infini, et si ce quelque chose ne serait pas Dieu lui-même.
Dieu, l’infini et l’espace : le rejet de l’identité cartésienne entre corps et extension
La défense du vide : opposition aux traditions aristotélicienne et cartésienne
Le rôle central de l’imagination : penser l’infini et l’immatériel
L’héritage de More, Charleton et Barrow
Une pensée indépendante du corps
Une philosophie naturelle ouverte à l’âme
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